Porte-parole du gouvernement : « 280 milliards d’ouguiyas ont été consacrés aux catégories les plus vulnérables »
Le ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, M. El Houssein Ould Meddou, a indiqué que le budget de l’État est passé d’environ 600 milliards d’ouguiyas en 2019 à plus de 1 000 milliards d’ouguiyas, améliorant les services fournis par les secteurs de la […]

Le ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, M. El Houssein Ould Meddou, a indiqué que le budget de l’État est passé d’environ 600 milliards d’ouguiyas en 2019 à plus de 1 000 milliards d’ouguiyas, améliorant les services fournis par les secteurs de la santé, de l’éducation et de la formation professionnelle.
Passant en revue les réalisations de ces dernières années, rappelant l’augmentation des recrutements de cadres, l’extension des infrastructures et la création de nouveaux équipements, outre le développement des instituts, des universités et des services publics.
Il a ajouté que cette progression a concerné les différents secteurs de l’État, notamment celui de l’hydraulique, évoquant les projets d’Aftout Chargui, d’Aftout Essahili, d’Idini et de Boulenouar, ainsi que le projet d’Adghar, en plus du développement du secteur de l’énergie et du doublement du réseau routier au cours de la même période.
Dans le domaine social, le ministre a mis en avant les interventions de la Délégation générale à la solidarité nationale et à la lutte contre l’exclusion « Taazour », indiquant que 280 milliards d’ouguiyas ont été consacrés aux catégories les plus vulnérables, parallèlement à la mise en œuvre de projets de développement financés sur fonds propres par le budget de l’État.
Dans un autre registre, il a annoncé que le nombre de personnes interpellées dans le cadre de l’enquête sur un réseau soupçonné d’extorsion s’élève désormais à 17. Réagissant à une question qui lui a été posée lors de la conférence de presse hebdomadaire consacrée aux résultats du Conseil des ministres, il a indiqué que les investigations se poursuivent pour identifier les activités et les membres présumés du réseau.
Il a tenu à préciser que l’affaire comporte à la fois une dimension liée à la corruption financière et une autre à ce qu’il a qualifié de « corruption des valeurs ».
Selon lui, les faits faisant l’objet de l’enquête concernent notamment des pratiques présumées d’extorsion, ainsi que la diffusion de fausses informations et de rumeurs susceptibles de porter atteinte à la vie privée et aux libertés individuelles. Il a toutefois souligné que l’interpellation ne vaut pas condamnation, précisant que certaines personnes pourraient être libérées si l’enquête n’établit aucun élément à leur encontre.
En réponse à une question concernant la route Touil–Aïn Varba–Tintane, le porte-parole a indiqué que les ressources destinées au projet ont été mobilisées le mois dernier, dans le cadre d’un partenariat avec le Fonds arabe pour le Développement économique et social (FADES), avec lequel un accord de financement a été signé.
Il a annoncé que la liste des entreprises pré-qualifiées a été rendue publique et a précisé que le choix des entreprises chargées des travaux interviendrait dans un délai de 45 jours. Les travaux devraient ainsi démarrer à partir de novembre, sous la supervision du ministère de l’Équipement et des Transports.
Au sujet de la situation des pâturages, le ministre a indiqué que les cumuls pluviométriques accusaient ces derniers mois un déficit par rapport à l’année précédente. Les dernières pluies ont toutefois permis de réduire ce déficit, avec l’espoir d’une amélioration de la situation grâce aux précipitations attendues dans les prochaines semaines, notamment dans les zones encore déficitaires.
À propos du Festival de Djewol, le ministre a souligné qu’il s’inscrit dans la politique de promotion de la culture, de valorisation de la diversité et de préservation du patrimoine national.
Il a indiqué que le festival sera intégré au calendrier des Cités du patrimoine, sa prochaine édition devant se tenir au premier semestre de l’année prochaine, probablement fin mars ou début avril. « Cette édition, qui sera la deuxième, devra également contribuer à promouvoir davantage « l’Appel de Djewol » et ses dimensions : citoyenne, intellectuelle et nationale », a-t-il conclu.
S’agissant des travaux du Conseil des ministres, il a indiqué que la réunion a examiné plusieurs projets de décrets et des communications, dont deux textes consacrés à la réglementation du secteur pharmaceutique, à la rentrée 2026-2027 dans les établissements de formation professionnelle et à l’organisation du pèlerinage pour la saison 1448 de l’Hégire, correspondant à l’année 2027.
Commentant la communication consacrée à la rentrée de la formation professionnelle, le ministre de la Formation professionnelle, de l’Artisanat et des Métiers, M. Mohamed Malainine Ould Eyih, a indiqué qu’elle portait sur le bilan de l’année écoulée, le plan d’action 2026-2027 et les mesures destinées à accompagner sa mise en œuvre.
Il a rappelé que le secteur bénéficiait d’une attention particulière de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, depuis 2019, avec un renforcement de l’offre de formation, une progression des capacités d’accueil et des efforts consacrés à la qualité et à la gouvernance.
Le ministre a indiqué que les capacités d’accueil du secteur avaient fortement augmenté ces dernières années, atteignant 26.000 places, contre 5.000 en 2019 soit une progression de 400 %. Plusieurs infrastructures ont également été réalisées et/ou engagées, notamment la mise en service de l’École du pétrole, des mines et du gaz, ainsi que la construction du lycée commercial de Nouakchott, dont les travaux sont réalisés à 82 %, et de l’École des médias et de la communication, à 50 %.
Le programme comprend également la réhabilitation de l’Institut supérieur d’Enseignement technique, l’extension et la réhabilitation de l’École de formation professionnelle industrielle et la création d’une annexe agricole à l’École de formation professionnelle de Rosso.
Dans le cadre de la réforme du dispositif, le Centre supérieur d’enseignement technique a été transformé en Institut national supérieur d’enseignement technique, qui propose des formations aux niveaux licence et master et assure le perfectionnement des formateurs.
Le ministre a également fait état de la création de l’Agence nationale de la formation professionnelle, chargée notamment d’optimiser les ressources, de coordonner les établissements et d’adapter l’offre aux besoins du marché du travail.
Pour 2026-2027, près de 25.000 places sont annoncées, contre environ 23.000 l’année précédente. Le ministre a par ailleurs révélé le démarrage de l’accréditation des établissements sur la base du référentiel national de qualité, ainsi que l’achèvement du processus de certification ISO 21001 pour sept établissements et la mise en place d’un dispositif de reconnaissance de la qualité des enseignants.
Le secteur prévoit également de préparer un programme national destiné à accroître l’accès des jeunes Mauritaniens aux métiers hautement qualifiés répondant aux besoins prioritaires de l’économie, en partenariat avec le secteur privé, les départements concernés, notamment le ministère chargé de l’Emploi, et l’Union nationale du Patronat mauritanien.
Le ministre des Affaires islamiques et de l’Enseignement originel, M. El Vadil Ould Sidaty Ould Ahmed Louly, a, pour sa part, indiqué que le coût du pèlerinage en Mauritanie demeurait, selon lui, le moins élevé de la sous-région, malgré une hausse pour la prochaine saison. Celle-ci s’explique notamment par l’augmentation des tarifs du transport aérien et de nouvelles exigences saoudiennes en matière de services. Il a toutefois souligné que la concurrence saine entre prestataires et transporteurs avait permis d’en limiter l’impact sur le coût global.
Le coût du pèlerinage pour la saison 1448 de l’Hégire s’élève ainsi à 2.748.360 MRO par pèlerin, contre 2.638.580 MRO lors de la précédente saison. Les premiers départs sont prévus les 28 et 29 avril 2027, tandis que les vols retour débuteront le 21 mai 2027.
Le ministre a également relevé que l’inscription en ligne avait permis au nombre de candidats de dépasser 35.000, contre environ 12.000 certaines années auparavant. La plateforme permet en outre aux Mauritaniens établis à l’étranger de s’inscrire dans le cadre du quota réservé au pays.
Selon lui, la précédente campagne avait permis d’améliorer l’organisation, l’hébergement et la restauration, soulignant que la préparation de la prochaine saison vise à consolider ces acquis et à respecter le calendrier fixé par les autorités saoudiennes. Les opérations préparatoires devraient débuter au début de la semaine prochaine.
Le ministre de la Santé, M. Thiam Tidjani, a, pour sa part, présenté les deux projets de décret adoptés au Conseil des ministres ; dont le premier porte sur l’organisation du contrôle et de l’inspection pharmaceutiques, tandis que le second précise le régime des amendes et les modalités d’application du nouvel article 137 de la loi n° 042-2025 relative à la pharmacie.
Selon le ministre, ces deux textes constituent des instruments d’application de la loi sur la pharmacie et s’inscrivent dans le processus de réforme engagé par le gouvernement.
Il a rappelé plusieurs mesures déjà prises dans ce cadre, notamment la mise à jour de la liste nationale des médicaments, l’harmonisation de leurs prix sur l’ensemble du territoire, l’obligation d’affichage des prix et le renforcement des sanctions. D’autres dispositions portent sur le transport réfrigéré des médicaments depuis leur lieu d’origine jusqu’au consommateur et sur le contrôle de leur entrée sur le territoire, désormais limité au port et à l’aéroport.
Le ministre a également évoqué la construction du nouveau laboratoire de contrôle de la qualité des médicaments, le renforcement des contrôles relatifs aux normes de qualité et aux conditions de stockage, ainsi que la révision de la législation pharmaceutique.
La réforme comporte également un volet numérique, avec la mise en place d’un système informatisé d’enregistrement et d’homologation des médicaments et le développement d’un dispositif de numérotation et de traçabilité.
S’agissant du premier décret, Thiam Tidjani a expliqué qu’il vise à structurer l’inspection pharmaceutique conformément aux meilleures pratiques internationales, en consacrant notamment les principes de compétence, d’indépendance, d’impartialité et de prévention des conflits d’intérêts.
Le dispositif doit permettre un meilleur contrôle de la chaîne pharmaceutique, depuis l’entrée des médicaments et produits de santé sur le territoire jusqu’à leur commercialisation, en passant par leur stockage, et une prise en charge plus rapide des dysfonctionnements et des pratiques non conformes.
Le second texte fixe le montant des amendes et leurs modalités d’application. Il précise les sanctions applicables aux infractions prévues par la législation et simplifie les procédures de constatation, de notification et de recouvrement, tout en définissant les voies de recours et les garanties procédurales accordées aux personnes concernées.
Le ministre a estimé que ce dispositif permettra d’avoir un mécanisme administratif plus efficace, proportionné et dissuasif, tout en renforçant le respect de la réglementation et la protection de la santé publique.
Pour les citoyens, ces réformes doivent notamment favoriser un meilleur accès à des médicaments sûrs et de qualité, réduire les risques liés aux produits falsifiés ou non conformes et renforcer le respect des conditions de conservation et de transport, ainsi que la transparence des prix.
Le ministre a enfin souligné que les deux textes complémentaires, s’inscrivaient dans une réforme globale du secteur pharmaceutique, articulée autour du renforcement de la réglementation, du contrôle, des sanctions, de la numérisation et de la traçabilité.
Interrogé sur la résistance des infrastructures sanitaires aux fortes pluies, le ministre de la Santé a indiqué que les établissements de santé étaient conçus pour être étanches. Il a toutefois reconnu que des infiltrations pouvaient survenir en raison de défauts ponctuels et assuré que les dispositions nécessaires étaient prises pour prévenir ces problèmes et assurer l’évacuation des eaux.
Concernant les médicaments, le ministre a estimé que leur disponibilité en Mauritanie était globalement satisfaisante et s’était nettement améliorée ces dernières années. Il a rappelé que les médicaments sont importés, le pays ne disposant pas encore d’une industrie pharmaceutique nationale. Toutefois, les importateurs sont soumis à un cahier des charges et à un système d’autorisation.
Sur la place du secteur privé, il a rappelé que l’État avait la responsabilité de garantir l’accès aux soins, tout en pouvant confier certaines prestations à des opérateurs privés, sous réserve du respect des normes de qualité, du contrôle et des droits des patients.
Il a indiqué que les textes présentés au Conseil des ministres visaient notamment à corriger certaines insuffisances du secteur privé, en particulier en matière de fixation des tarifs des prestations de santé, afin de favoriser une concurrence encadrée.
Compte-rendu: Mori Salem