Électricité à Antananarivo : les vieilles excuses ont encore de beaux jours devant elles
Les coupures d'électricité semblent désormais suivre un calendrier plus fiable que la fourniture du courant elle-même. Une nouvelle fois, la JIRAMA a annoncé des perturbations sur le Réseau interconnecté d'Antananarivo (RIA), invoquant un déficit de production d'environ 25 MW. Les abonnés devront donc composer avec des délestages tournants d'une heure et demie jusqu'à 17h30. Une annonce qui, à force de revenir, finit presque par ressembler à un bulletin météo : aujourd'hui encore, le courant (…) - Société
Les coupures d'électricité semblent désormais suivre un calendrier plus fiable que la fourniture du courant elle-même. Une nouvelle fois, la JIRAMA a annoncé des perturbations sur le Réseau interconnecté d'Antananarivo (RIA), invoquant un déficit de production d'environ 25 MW. Les abonnés devront donc composer avec des délestages tournants d'une heure et demie jusqu'à 17h30. Une annonce qui, à force de revenir, finit presque par ressembler à un bulletin météo : aujourd'hui encore, le courant joue à cache-cache.
Cette fois, deux explications sont avancées. D'un côté, un retard dans l'approvisionnement en carburant empêche les groupes thermiques d'Ambohimanambola de fonctionner normalement. De l'autre, le barrage d'Andekaleka souffre d'une baisse critique de son niveau d'eau, tombé jusqu'au seuil d'alerte, obligeant l'arrêt de deux groupes de production hydraulique. Résultat : plusieurs quartiers de la capitale subissent une nouvelle série de coupures.
Face à cette situation, la compagnie nationale mise désormais sur... le ciel. Toutes les conditions seraient réunies pour procéder à un ensemencement des nuages afin de provoquer des pluies artificielles au-dessus du bassin versant d'Andekaleka. L'opération doit se dérouler sur trois jours dans l'espoir de faire remonter le niveau du barrage. Une solution qui, faute d'être révolutionnaire, a au moins le mérite de rappeler que lorsque les réservoirs sont vides, il reste toujours l'espoir de convaincre les nuages de coopérer.
Le problème est que ces annonces ne surprennent plus personne. Depuis plusieurs années, les Malgaches assistent au même scénario, presque immuable. Les causes changent rarement : ici un manque de carburant, là une sécheresse, ailleurs une panne technique ou une maintenance urgente. Les communiqués se succèdent, les promesses de retour rapide à la normale aussi, tandis que les délestages continuent de rythmer le quotidien des ménages, des commerces, des artisans et des entreprises.
Pourtant, la lutte contre les coupures d'électricité et les difficultés d'approvisionnement en eau figurait parmi les engagements majeurs des dirigeants actuels. Ces dossiers avaient été érigés en priorité nationale, avec la promesse de mettre un terme à un problème qui pénalise depuis longtemps le développement économique du pays. Plusieurs années plus tard, force est de constater que les explications restent sensiblement les mêmes que celles entendues depuis des décennies. Les difficultés évoquées aujourd'hui ne sont ni nouvelles, ni imprévisibles. Les périodes de sécheresse reviennent régulièrement, tout comme les besoins en carburant des centrales thermiques.
Cette répétition nourrit une lassitude grandissante au sein de la population. Beaucoup s'interrogent désormais moins sur les raisons des coupures que sur l'absence de solutions durables. À défaut d'avoir réussi à sortir des recettes habituelles, les autorités semblent encore gérer les urgences au coup par coup, sans parvenir à rompre un cycle qui se répète inlassablement.
En attendant que les nuages répondent favorablement à l'appel lancé au-dessus d'Andekaleka, les habitants d'Antananarivo continueront, eux, à surveiller leur montre, leurs batteries de téléphone et leurs groupes électrogènes. Après tout, dans un pays où les coupures sont devenues une habitude, il ne manque plus qu'un calendrier officiel des délestages à collectionner. Les explications, elles, semblent déjà gravées dans le marbre depuis bien longtemps.
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