Gabon : les secrets du grand remaniement d’Oligui Nguema

Libreville — Dix mois seulement après la formation de l'équipe de janvier 2026, le président de la république gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, a de nouveau rebattu les cartes ce dimanche 11 octobre 2026. Le nouvel exécutif s'élargit, passant de 30 à 32 membres. Si une large majorité des ministres conserve un portefeuille, cette réorganisation est loin d'être un ajournement superficiel. Entre réformes institutionnelles majeures et nécessités de terrain, voici pourquoi le chef de l'État a décidé d'ajuster son dispositif. L’article Gabon : les secrets du grand remaniement d’Oligui Nguema est apparu en premier sur France-Afrique MÉDIA.

Gabon : les secrets du grand remaniement d’Oligui Nguema

Par Nicolas Morin / France-AfriqueMÉDIA

La principale clé de lecture de ce remaniement réside dans l’évolution de l’architecture institutionnelle. Avec la mise en place de la nouvelle Constitution, le Gabon a acté une rupture historique dans son organisation politique. La suppression de la fonction de Premier ministre, instaurant de fait un régime présidentiel fort.

Sans chef du gouvernement traditionnel, le président Oligui Nguema a dû concevoir un exécutif taillé pour un pilotage direct. Le rôle de coordination opérationnelle est ainsi consolidé autour d’Hermann Immongault, confirmé dans ses fonctions de vice-président du gouvernement. Cette nouvelle verticalité du pouvoir exigeait un redécoupage des portefeuilles pour éviter les goulets d’étranglement administratifs.

Redécoupage des ministères : le ciblage des urgences

L’augmentation de la taille de l’équipe gouvernementale s’explique principalement par le scindement de certains vastes ministères. Le Palais du bord de mer a voulu créer des entités plus agiles sur des dossiers devenus prioritaires :

  • Le pari de la formation professionnelle : L’exécutif a créé un département spécifiquement dédié à l’enseignement technique, à la formation et au perfectionnement professionnel, confié à Marcelle Ibinga, épouse Itsitsa. Dans un pays où l’inadéquation entre les diplômes des jeunes et les attentes du marché de l’emploi freine le développement, cette autonomie vise à accélérer les politiques d’employabilité.BIBA 241
  • La diplomatie climatique assumée : une autre évolution notable est que l’Environnement et le Climat ont été séparés du traditionnel ministère des Eaux et Forêts. Cette scission permet au Gabon de valoriser pleinement son statut de champion écologique sur la scène internationale, tout en laissant les Eaux et Forêts (confiées à Maurice Ntossui Allogho) se concentrer sur l’exploitation sylvicole et la gestion très sensible des conflits homme-faune.EcoMatin+ 1

L’équilibre entre stabilité régalienne et sang neuf

Plutôt que de procéder à une purge, Brice Clotaire Oligui Nguema a opté pour la continuité dans les secteurs souverains tout en insufflant une nouvelle dynamique technique. Sur le plan comptable, la manœuvre se solde par huit entrées, cinq départs et cinq changements d’affectation, avec un maintien de 25 membres de l’équipe précédente.

La stabilité prévaut notamment à la Défense nationale, où la ministre d’État Brigitte Onkanowa conserve son poste, garantissant la cohésion de l’appareil sécuritaire qui reste le socle de la transition. Le casting maintient également une forte représentation féminine (neuf femmes au total), à l’image de Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny qui prend en charge la diplomatie gabonaise.

En conclusion, ce remaniement intervenu à dix mois du précédent n’est pas le fruit d’une crise, mais une mise en ordre de bataille. En resserrant son emprise sur un gouvernement légèrement élargi mais plus spécialisé, Brice Clotaire Oligui Nguema montre que l’heure n’est plus à l’installation du pouvoir, mais à l’exécution chirurgicale des réformes d’ici la fin de son mandat.

L’article Gabon : les secrets du grand remaniement d’Oligui Nguema est apparu en premier sur France-Afrique MÉDIA.