Femmes au travail : les inégalités persistent, mais des lignes bougent
Rémunération, accès aux responsabilités, maternité, santé mentale, équilibre de vie ou encore intelligence artificielle : les femmes continuent de rencontrer des obstacles spécifiques dans le monde professionnel. C’est ce qu’indique l’enquête Great Place To Work for Women 2026 qui montre aussi que les entreprises commencent à agir concrètement pour faire évoluer les pratiques. L’égalité salariale […]
Rémunération, accès aux responsabilités, maternité, santé mentale, équilibre de vie ou encore intelligence artificielle : les femmes continuent de rencontrer des obstacles spécifiques dans le monde professionnel. C’est ce qu’indique l’enquête Great Place To Work for Women 2026 qui montre aussi que les entreprises commencent à agir concrètement pour faire évoluer les pratiques.
L’égalité salariale hommes/femmes reste encore imparfaite. Ainsi dans l’enquête Great Insights 2026, menée auprès de 4 246 salariés français, les femmes portent un regard nettement plus critique que les hommes sur l’équité salariale. Elles ne sont que 33 % à considérer que leur travail est rémunéré à sa juste valeur, contre 45 % des hommes. Même constat concernant les promotions : 44 % des femmes estiment qu’elles sont attribuées à celles et ceux qui les méritent le plus, contre 34 % des hommes. La perception d’un accès inégal aux opportunités demeure donc bien présente.
La maternité et la vie familiale restent également au cœur des préoccupations. Pour 43 % des femmes interrogées, elles constituent un frein à l’évolution professionnelle. Viennent ensuite les comportements sexistes ou misogynes (27 %) et l’autocensure, citée par 22 % des répondantes. Plus préoccupant encore : la maternité comme frein est davantage citée en 2026 qu’en 2025 par l’ensemble des salariés français, passant de 30 % à 39%.
Cette réalité se retrouve aussi dans la santé mentale. Le burn-out est le premier risque professionnel cité par les femmes : 22 % le placent en tête, contre 33 % des hommes. Surtout, 32 % des femmes déclarent que leur activité professionnelle affecte négativement ou très négativement leur santé mentale, contre 20 % des hommes. La difficulté à déconnecter constitue également une préoccupation pour 15 % des femmes.
Dans ce contexte, l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle apparaît comme une attente majeure. Il figure parmi les trois aspects du travail les plus importants pour les femmes, avec les relations entre collègues et l’autonomie. Pour l’avenir, elles citent notamment la flexibilité du temps de travail, la semaine de quatre jours et la qualité de vie au travail.
Autre enjeu émergent : l’intelligence artificielle. Les hommes sont plus nombreux à la percevoir comme une opportunité pour l’avenir du travail (26 %, contre 19 % des femmes). Pourtant, l’IA est aussi considérée comme un risque majeur par environ un tiers des salariés, quel que soit leur genre.
Face à ces difficultés, certaines entreprises expérimentent de nouvelles solutions : congés parentaux renforcés, maintien du salaire, flexibilité, accompagnement au retour de maternité, programmes consacrés à la ménopause ou à l’endométriose, mentorat et dispositifs de développement du leadership féminin. Ces initiatives montrent qu’au-delà des déclarations de principe, l’organisation concrète du travail peut devenir un véritable levier d’égalité.
L’étude laisse ainsi apparaître une situation contrastée : les femmes restent confrontées à des écarts de perception et à des freins liés notamment à la carrière et à la parentalité, mais les entreprises disposent désormais de nombreux leviers pour transformer durablement le quotidien professionnel. La question n’est donc plus seulement celle de l’égalité affichée, mais de sa traduction dans les salaires, les promotions, la santé, le temps de travail et les parcours de carrière.