Affaire des Boeing 777 : 33 prévenus devant le Pôle anti-corruption

Un peu plus d'un an après les premières révélations, l'affaire des cinq Boeing 777-200 entre dans une nouvelle phase. Le procès s'ouvre ce mardi devant le Pôle anti-corruption (PAC) d'Antananarivo, avec trente-trois personnes physiques et morales appelées à répondre devant la justice dans un dossier qui avait rapidement dépassé les frontières de Madagascar. L'audience est annoncée publique. Plusieurs personnalités figurent parmi les prévenus. L'ancien ministre des Transports et de la (…) - Société

Affaire des Boeing 777 : 33 prévenus devant le Pôle anti-corruption

Un peu plus d'un an après les premières révélations, l'affaire des cinq Boeing 777-200 entre dans une nouvelle phase. Le procès s'ouvre ce mardi devant le Pôle anti-corruption (PAC) d'Antananarivo, avec trente-trois personnes physiques et morales appelées à répondre devant la justice dans un dossier qui avait rapidement dépassé les frontières de Madagascar. L'audience est annoncée publique.

Plusieurs personnalités figurent parmi les prévenus. L'ancien ministre des Transports et de la Météorologie Valéry Ramonjavelo, placé en détention préventive en mars dernier, doit comparaître, tout comme l'ancien président du Sénat, le général à la retraite Richard Ravalomanana. Le colonel Gervais Damasy, ancien directeur général de l'Aviation civile de Madagascar (ACM), figure également parmi les personnes poursuivies.

Le PAC annonce une série d'accusations particulièrement lourdes : atteinte à la souveraineté de l'État, abus de fonctions, corruption, faux en écriture publique, usurpation de fonctions, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux. Il appartiendra désormais au tribunal d'examiner les responsabilités individuelles et les éléments versés au dossier.

Au cœur de l'affaire se trouvent cinq Boeing 777-200ER. En janvier 2025, l'ACM avait délivré des certificats provisoires concernant ces appareils dans le cadre d'un projet présenté par Udaan Aviation. Selon les explications données à l'époque par l'autorité malgache, les avions devaient rejoindre le Kenya afin d'y subir des opérations de maintenance avant une éventuelle exploitation à Madagascar. Les documents avaient une durée de validité limitée à trois mois.

La trajectoire des appareils a finalement été tout autre. Après leur passage par l'Asie, les cinq Boeing ont quitté le Cambodge le 15 juillet 2025 à destination de l'Iran. Des spécialistes de l'aviation avaient alors identifié les appareils sous des immatriculations malgaches provisoires.

L'affaire avait immédiatement pris une dimension internationale en raison des sanctions frappant l'Iran et des restrictions concernant notamment la vente d'avions Boeing à Téhéran. L'ACM avait assuré que les autorisations qu'elle avait délivrées étaient déjà expirées et avait dénoncé une falsification des documents.

Le scandale avait également provoqué des conséquences politiques à Antananarivo. Valéry Ramonjavelo avait été limogé quelques jours après les révélations. L'ancien ministre a ensuite été poursuivi, notamment pour abus de fonction, corruption et blanchiment d'argent.

D'autres noms apparaissent dans la procédure, notamment ceux de Khushwinder Singh et de plusieurs personnes liées aux structures impliquées dans le projet. Cinq sociétés figurent également parmi les prévenus, dont Udaan Aviation.

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