La croissance tombe à 3 % face à une inflation qui menace d'atteindre 10,1 %
L'économie malagasy s'achemine vers une fin d'année sous tension, entre une croissance moins dynamique qu'attendu et des pressions inflationnistes persistantes. Selon le Rapport sur la politique monétaire publié récemment par Banky Foiben'i Madagasikara (BFM), la croissance économique nationale est estimée à 3 % en 2026, alors que la Loi de finances rectificative (LFR) prévoit 3,8 %. Pour atteindre la prévision gouvernementale, une accélération de l'activité au second semestre sera (…) - Economie
L'économie malagasy s'achemine vers une fin d'année sous tension, entre une croissance moins dynamique qu'attendu et des pressions inflationnistes persistantes. Selon le Rapport sur la politique monétaire publié récemment par Banky Foiben'i Madagasikara (BFM), la croissance économique nationale est estimée à 3 % en 2026, alors que la Loi de finances rectificative (LFR) prévoit 3,8 %. Pour atteindre la prévision gouvernementale, une accélération de l'activité au second semestre sera nécessaire.
La situation des entreprises illustre cette fragilité. Au deuxième trimestre, l'activité des entreprises formelles est restée en recul. L'Indicateur synthétique des activités des entreprises (IAE) s'est établi à -5,3 %, contre -39,9 % au premier trimestre. Si la contraction s'est considérablement atténuée, elle touche encore la plupart des catégories d'entreprises. Seules les grandes entreprises ont enregistré un léger rebond au cours de la période.
À l'échelle de l'économie nationale, les signaux sont cependant plus encourageants. L'Indicateur infra-annuel d'activité économique (IIAE) a progressé de 4,8 % par rapport au trimestre précédent. En glissement annuel, l'amélioration reste toutefois modeste, à seulement 0,3 %. Les perspectives du troisième trimestre font apparaître une possible reprise de l'activité des entreprises formelles, principalement soutenue par les secteurs primaire et tertiaire. L'IAE est ainsi projeté à 17,5 %.
Cette reprise attendue risque néanmoins de se heurter à un obstacle majeur : l'accélération de l'inflation. Après s'être établie à 6,8 % à fin mars, la hausse des prix en glissement annuel a atteint 8,6 % en juin. L'inflation sous-jacente s'est, quant à elle, hissée à 11,4 %, traduisant des pressions qui ne se limitent pas aux composantes volatiles comme le riz et l'énergie.
Les projections pour la fin de l'année sont encore plus préoccupantes. BFM estime que l'inflation globale pourrait atteindre 10,1 % en décembre 2026, contre 9,3 % dans sa précédente prévision. Les prix du riz progresseraient de 7 %, ceux de l'énergie de 9,7 %, tandis que l'inflation sous-jacente atteindrait encore 11 %. En moyenne annuelle, l'inflation globale serait de 8,5 %.
Pour tenter de contenir cette poussée des prix, le Comité monétaire a décidé de relever le taux directeur de 12 % à 12,5 %. La mesure vise notamment à préserver la stabilité financière et à ramener progressivement l'inflation vers l'objectif de moyen terme fixé à 5 %.
Le pays conserve néanmoins des marges de résistance sur le front extérieur. Les réserves officielles de change ont atteint 3,676 milliards de dollars à fin juin, soit l'équivalent de sept mois d'importations. Durant le premier semestre, l'ariary s'est également apprécié de 7 % face au dollar et de 9,3 % face à l'euro.
Les prochains mois seront donc déterminants. Entre une activité des entreprises encore fragile, une croissance estimée à 3 % contre les 3,8 % inscrits dans la LFR et une inflation susceptible de dépasser 10 %, le défi sera de consolider la reprise sans laisser la hausse des prix éroder davantage le pouvoir d'achat et la dynamique économique.
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